
« À lire en oubliant tout ce que le cinéma en a fait »
Frankenstein ou le Prométhée moderne
Mary Shelley · 1818
Un étudiant en philosophie naturelle donne la vie à un être qu'il abandonne aussitôt, et passe le reste de son existence à le fuir.
Fiche
- Auteur
- Mary Shelley
- Traduction
- Germain d'Hangest
- Illustrations
- Bernie Wrightson
- Éditeur
- Flammarion
- Édition
- GF Flammarion, 2015
- Langue
- FR
- Langue originale
- EN
- Pays
- Royaume-Uni
- Catégorie
- Roman
- Genres
- GothiqueScience-fiction
- Format
- Poche
- Pages
- 352
- Publication
- 1ᵉʳ janvier 1818
- Lecture
- 29 janvier 2026
- Statut
- lu
- Mots-clés
- CréatureProméthéeRécit enchâssé
Critique
Résumé
Victor Frankenstein, recueilli mourant sur la banquise par un explorateur, raconte comment il a assemblé puis animé une créature, comment il l'a abandonnée dans l'heure, et comment celle-ci a méthodiquement détruit tout ce qu'il aimait. Au centre du livre, la créature prend elle-même la parole.
Mon avis
Le roman ne ressemble en rien à son image populaire. Il n'y a ni laboratoire spectaculaire, ni éclair, ni assistant bossu, ni monstre muet. La créature est éloquente, elle a lu Milton, Plutarque et Goethe, et son réquisitoire central est le meilleur passage du livre.
Le déplacement que Shelley opère est d'une audace remarquable pour 1818 : la faute de Victor n'est pas d'avoir créé, c'est d'avoir abandonné. Le crime est une négligence parentale, pas une transgression prométhéenne. Tout le reste en découle.
Souviens-toi que je suis ta créature ; je devrais être ton Adam, et je suis plutôt l'ange déchu.
La structure en récits enchâssés, Walton rapporte Victor qui rapporte la créature, met le lecteur à trois degrés de la vérité, et chacun de ces narrateurs a intérêt à se justifier. On ne sait jamais tout à fait qui ment.
Les défauts sont ceux de l'époque : coïncidences énormes, personnages féminins réduits à des victimes patientes, et un Victor qui s'évanouit à peu près une fois par chapitre. Le procédé lasse.
Cela n'entame pas l'essentiel. Écrit par une femme de vingt ans, ce livre a inventé une question que nous n'avons toujours pas réglée : que devons-nous à ce que nous fabriquons ?
Recommandation
Oui, et de préférence avant tout film qui porte ce titre. Le contraste est instructif.