« Fondateur, inégal, et à lire pour comprendre tout le reste »
L'Appel de Cthulhu
H. P. Lovecraft · 1928
Un héritier reconstitue, à partir des papiers de son grand-oncle, la trace d'un culte mondial voué à une chose endormie au fond du Pacifique.
Fiche
- Auteur
- H. P. Lovecraft
- Traduction
- Maxime Le Dain
- Éditeur
- Mnémos
- Édition
- Intégrale prestige, 2018
- Langue
- FR
- Langue originale
- EN
- Pays
- États-Unis
- Catégorie
- Nouvelle
- Format
- Relié
- Pages
- 64
- Publication
- 1ᵉʳ février 1928
- Lecture
- 8 mars 2026
- Statut
- lu
Critique
Résumé
Trois documents montés bout à bout : les notes d'un professeur sur les cauchemars d'un sculpteur, le rapport d'un inspecteur de police de La Nouvelle-Orléans sur un culte marécageux, et le journal d'un marin norvégien qui a abordé une île surgie de l'océan.
Mon avis
Il faut séparer ce que la nouvelle invente de ce qu'elle réussit.
Ce qu'elle invente est considérable, et c'est pour cela qu'elle est ici en tête de cycle. L'idée que l'horreur ne vient pas de la malveillance mais de l'indifférence ,que la chose ne nous veut aucun mal parce qu'elle ne nous perçoit pas ,déplace tout le genre d'un coup. Le monstre lovecraftien n'est pas un prédateur, c'est une échelle.
La construction en trois documents est également très efficace : personne ne voit l'ensemble, chacun n'a qu'un fragment, et c'est le lecteur qui commet l'imprudence d'assembler.
Ce qu'elle réussit moins bien : l'écriture. Lovecraft abuse des adjectifs d'indicibilité, innommable, indescriptible, inconcevable ,qui sont des promesses de description jamais tenues. À force de répéter qu'une chose ne peut être décrite, on finit par soupçonner qu'elle ne l'a pas été.
Et il faut le dire nettement : le racisme du texte n'est pas un arrière-plan d'époque, il est dans le dispositif. Les cultistes sont dégradés en tant que métis, l'horreur est explicitement celle du mélange. Cela ne s'ignore pas en lisant, et cela pèse sur la note.
Recommandation
À lire parce que tout le fantastique du XXe siècle en découle, en sachant précisément ce qu'on lit.