
« Le livre auquel je reviens le plus souvent »
Les Fleurs du Mal
Charles Baudelaire · 1857
Cent poèmes condamnés pour outrage aux bonnes mœurs, dont six retranchés pendant près d'un siècle.
Fiche
- Auteur
- Charles Baudelaire
- Éditeur
- Gallimard
- Édition
- Poésie/Gallimard, 1972
- Langue
- FR
- Langue originale
- FR
- Pays
- France
- Catégorie
- Poésie
- Genres
- SymbolismeDécadence
- Format
- Poche
- Pages
- 384
- ISBN
- 9782070300716
- Publication
- 25 juin 1857
- Lecture
- 28 février 2026
- Statut
- relu
Critique
Résumé
Un recueil organisé en sections ,Spleen et Idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du Mal, Révolte, La Mort ,qui décrit une trajectoire plus qu'il ne rassemble des pièces. Six poèmes furent condamnés en 1857 et ne réintégrèrent officiellement le recueil qu'en 1949.
Mon avis
Il faut lire Les Fleurs du Mal comme un livre, pas comme une anthologie. L'ordre des sections raconte une chute : l'idéal est tenté d'abord, la ville ensuite, l'ivresse quand la ville échoue, le mal quand l'ivresse échoue, la révolte quand le mal échoue, et la mort quand tout a échoué. Découpé en morceaux choisis, c'est une collection de belles pièces ; lu d'un bout à l'autre, c'est un mouvement.
Ce que je continue d'admirer, après plusieurs relectures :
- l'alliance permanente d'une syntaxe classique et d'une matière qui ne l'est pas ,la charogne décrite en alexandrins impeccables ;
- l'invention des Tableaux parisiens, où la ville moderne devient pour la première fois un objet lyrique légitime ;
- la place exacte de l'ennui, qui n'est pas une humeur mais une puissance, « délicat monstre » posé en ouverture comme le véritable sujet du livre.
Ce n'est pas un recueil confortable. La misogynie de certaines pièces est réelle et ne se dissout pas dans l'admiration ; il faut la lire, pas la contourner.
Mais la langue reste, presque deux siècles après, d'une netteté que rien n'a émoussée. C'est le seul livre de cette bibliothèque que j'ai relu trois fois entièrement.
Recommandation
Indispensable. À lire dans l'ordre, une section par soir, et non par piochage.