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title: "Solace House Will Maclean "
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# Solace House Will Maclean 

## Résumé

L’histoire se déroule à l’été 1993. Alex Lane, un étudiant fauché qui refuse de rentrer chez lui, accepte un job d’été : vider un vieux manoir victorien légué à l’université par un certain Edwin Flayne. Un mystérieux reclus.

En rangeant le chaos accumulé par Flayne, Alex et ses camarades découvrent ses carnets. Il y raconte son obsession pour sa mère disparue et la découverte d’un lieu occulte et parallèle. Pour y accéder, il faut faire appel à des rituels et des champignons hallucinogènes.

## Mon avis

Je m’étais fortement investie dans l’intrigue, du moins dans les trois premières parties. La quatrième et dernière a complètement dégradé l’avis que je me faisais de cette histoire. Du jamais vu : 70 % du livre m’ont enchantée, et les 30 % restants m’ont donné de l’aversion pour lui.

Les trois premiers quarts, pourtant, m’ont beaucoup plu malgré des personnages un peu trop "cliché" : la nostalgie d’un été étudiant, la prétention de jeunes adultes avec la vie devant eux, un cadre intriguant et mystérieux enveloppé de consommation de psychédéliques. Will Maclean y parsème des moments de tension vite désamorcés, comme un esprit inquiet qui comblerait ses peurs par des scénarios surnaturels. Ou peut-être pas. La frontière entre le réel et l’imaginaire est fine, et cette subtilité me convenait parfaitement. J’ai ensuite lu la dernière partie complètement dépitée, comme on écoute un ex dérouler un énième discours sur le fait qu’il a changé et que, cette fois, ce sera différent. Quelle déception !

**Un surnaturel qu’on m’enlève.** Je ne suis pas vraiment cliente des récits fantastiques ou horrifiques si psychologisés qu’ils évacuent toute option surnaturelle. Quand on s’investit pendant des heures dans l’univers, la mythologie et les règles d’un livre gothique, se faire dire à la fin que rien n’était réel donne l’impression d’avoir été flouée.

J’ai lu ailleurs que l’auteur avait confié en interview que l’intrigue et la fin admettaient deux lectures : l’une rationnelle et psychologique, l’autre ésotérique. Non, non et non. Le texte ne tient pas cette promesse. Dans la dernière partie, les superpositions entre l’été 93 (les trois premières parties) et la partie IV sont décortiquées de façon chirurgicale, avec une telle profusion de détails concrets qu’elles rendent le récit impossible à interpréter comme surnaturel. L’excuse de la double lecture devient bancale, même bidon. Quand un auteur passe 400 pages à construire un mystère ésotérique et métaphysique, puis bascule dans une avalanche de micro-détails terre-à-terre, n’est-ce pas généralement pour ancrer son récit dans le réel ? Ici, cette profusion de détails détruit toute éventualité d’une explication fantastique. À vouloir en faire trop et paraître trop intelligent, Will Maclean a saboté le voyage onirique que je faisais depuis les trois premiers quarts du livre. La magie s’est évaporée, et mon plaisir avec.

**Trop d’érudition, pas assez d’émotion.** Autre source d’agacement : le livre est blindé, jusqu’à l’indigestion, de clins d’œil académiques, de poésie ésotérique et de concepts complexes en tout genre. C’est l’effet « tartine de confiture » : une couche trop épaisse qui rend les personnages très prétentieux et où l’érudition prend le pas sur l’intrigue et l’émotion. Ajouté à la dernière partie, il rend l’œuvre pompeuse et impossible à s’approprier.

Solace House était partie pour être une belle histoire *gothique et métaphysique* (ce sont les mots de l’éditeur). Elle s’est complètement dégonflée à la fin.

## Recommandation

Je recommande Solace House à celleux qui aiment les ambiances gothiques et ésotériques, les mystères métaphysiques, les récits oniriques et les histoires qui entretiennent le doute entre réalité et surnaturel.

En revanche, je le déconseille à celleux qui attendent un dénouement à la hauteur du mystère construit, qui tiennent à ce que le surnaturel conserve sa place jusqu’au bout, ou qui préfèrent une narration subtile à une accumulation de références érudites et de concepts complexes.

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